mardi 16 mai 2017

Libéré par les USA

u fil des victoires idéologiques de la droite, deux idées reçues se sont enracinées. La première postule l’existence d’une complicité historique entre « les deux totalitarismes du XXe siècle », fasciste et communiste (lire « Tous les totalitarismes se valent »). D’elle découle le sentiment (erroné) que l’armée américaine, pas soviétique, le débarquement en Normandie, pas les batailles du front de l’Est, auraient joué un rôle décisif dans l’écrasement du IIIe Reich. Hollywood a amplifié cette illusion : Sergueï Eisenstein eût-il vécu à l’époque de Steven Spielberg, avec un public comparable, les images et les perceptions auraient sans doute été transformées. L’autre idée reçue décrète qu’un lien d’airain existerait entre les « démocraties occidentales » et le combat universel pour la liberté. C’est en raison de ce mythe historique que chaque crime de masse commis sur la planète suscite l’interrogation rituelle des grands médias et des puissants esprits : « Mais que fait l’Occident ? » En vérité, il fait ce qu’il a toujours fait : il défend ses intérêts au moment précis où ceux-ci sont directement mis en cause. C’est en 1973, pas du temps de Mathusalem, que les Etats-Unis appuyèrent le coup d’Etat militaire d’Augusto Pinochet au Chili contre un gouvernement d’unité populaire ; en 1977 que le président James Carter déclara son « amitié personnelle » pour le chah d’Iran qui, selon lui, bénéficiait « de l’admiration et de l’amour de son peuple » ; en 2010 que le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn fit du régime du dictateur tunisien Ben Ali un « bon exemple à suivre » pour les pays de la région ; en 2013 que le secrétaire d’Etat américain John Kerry estima qu’en dépit de leur massacre d’un millier de manifestants islamistes les généraux égyptiens avaient « indiqué » qu’ils entendaient « rétablir la démocratie » dans leur pays. Et les choses ne se sont pas présentées différemment quand se joua la liberté du monde. Car, même entre 1939 et 1941, lorsque le pacte germano-soviétique donna un semblant de consistance à la thèse conservatrice des deux totalitarismes jumeaux et complices, que firent les Etats-Unis, futurs parrains du « monde libre » ? Beaucoup moins connue que l’autre, cette histoire-là aussi est édifiante… En mai 1939, Adolf Hitler s’est emparé de toute la Tchécoslovaquie. Pourtant, le Congrès des Etats-Unis refuse alors d’amender la « loi de neutralité » américaine interdisant toute vente d’armes à un pays menacé par l’Allemagne. Selon les mots d’un sénateur démocrate influent, « la situation en Europe ne paraît pas justifier une action urgente »… Le 3 septembre 1939, l’urgence s’est-elle enfin précisée à Washington, dès lors que la France et le Royaume-Uni viennent enfin de mettre un terme à leur politique d’apaisement envers Berlin ? Eh bien toujours pas. S’adressant à ses compatriotes, le président Franklin D. Roosevelt leur annonce qu’il « souhaite et prévoit que les Etats-Unis se tiendront à l’écart de cette guerre ». Quelques jours plus tard, Charles Lindbergh prend à son tour la parole dans un grand discours radiodiffusé. Héros national, premier homme à avoir franchi l’Atlantique en avion, sans escale et en solitaire, Lindbergh a reçu, l’année précédente à Berlin, une décoration allemande des mains du chef nazi Hermann Göring. Sa plaidoirie isolationniste (« L’Amérique d’abord ») suscite un engouement immédiat aux Etats-Unis. Des millions de télégrammes, lettres, cartes déferlent sur les élus américains tentés de voler au secours du peuple anglais. Amer, Winston Churchill observera plus tard que, jusqu’en avril 1940, les responsables américains étaient « tellement sûrs que les Alliés l’emporteraient qu’ils ne jugeaient pas qu’une aide serait nécessaire. Là, ils sont tellement certains que nous allons perdre qu’ils ne la jugent pas possible ». Une fraction de la droite américaine réserve son énergie au combat contre le New Deal. Une autre, inspirée par les mots de Lindbergh, « préfère cent fois être alliée avec l’Angleterre ou même avec l’Allemagne, malgré tous ses défauts, qu’avec la cruauté, l’athéisme et la barbarie de l’Union soviétique ». Le futur président Harry Truman a fait son choix lui aussi : « Si nous voyons que l’Allemagne gagne, nous devons aider la Russie ; mais si c’est la Russie qui gagne, nous devons aider l’Allemagne, afin qu’ils s’entre-tuent au maximum. » En définitive, c’est l’Allemagne qui, par solidarité avec son allié nippon, décidera, le 11 décembre 1941, de déclarer la guerre aux Etats-Unis, dont la flotte vient d’être détruite, le 7, à Pearl Harbor. A l’époque, l’armée nazie se bat depuis près de six mois aux portes de Moscou… 

mercredi 12 avril 2017

Ligue des champions Dames: Paris vendange, le Bayern engrange en quarts aller

  Malgré une pluie d’occasions franches, le Paris SG s’est incliné 1-0 jeudi sur la pelouse du Bayern Munich. Le score serré lui permet toutefois d’espérer encore une qualification en demi-finales de Ligue des champions féminine, mercredi lors du quart retour au Parc des Princes.  Huit tirs cadrés pour les Parisiennes, un seul pour le Bayern Munich. Et pourtant, c’est bien ce dernier qui s’est imposé jeudi dans un Grunwalder Stadion bien rempli (7.380 spectateurs), sur une réalisation de la Néerlandaise Vivianne Miedema (72e).  Le PSG va regretter ses occasions manquées, celle de Veronica Boquete seule devant la gardienne (5e) puis de Marie-Laure Delie face à un but vide (8e) après un tir de loin de Shirley Cruz repoussé par la gardienne puis le poteau. Et en seconde période, ce face-à-face perdu par Cruz en seconde période (54e) ou cette tête sur le poteau de Cristiane (88e).  Malgré tout, le résultat n’est pas catastrophique face à une formation qui, même diminuée par les blessures, reste solide, et double championne d’Allemagne en titre.  L’entraîneur du PSG, Patrice Lair, avait appelé ses joueuses à la réaction d’orgueil, à la fois après la défaite surprise lors du « Clasico » le week-end précédent contre Marseille (2-0) en championnat de France féminin, mais aussi après l’élimination de l’équipe masculine dès les huitièmes de finale de la Ligue des champions.  « On nous dit +6-1+, +remuntada+… Bon, la première fois j’ai rigolé, pour que l’autre se sente un peu con, mais à force de les entendre… Après le match, j’étais un peu énervé », avait-il expliqué à la veille de défier le double champion d’Allemagne en titre, le Bayern Munich. « Il faut avoir un orgueil, une fierté, on défend des couleurs ».  Porté par l’aisance sereine de sa jeune milieu Grace Geyoro, dont le contrat vient d’être prolongé jusqu’en 2021, le PSG s’est hissé à la hauteur de l’affiche et, malgré le but de Miedema, peut encore espérer retourner la situation à domicile.  Le PSG a pour objectif d’y faire venir une dizaine de milliers de spectateurs mercredi 29 mars (20h00), grâce à des tarifs attractifs (10 euros, 5 euros pour les -16 ans et licenciés FFF, gratuité pour les abonnés…).  Il espère surtout que son équipe féminine parviendra à retourner la situation pour atteindre, comme les deux dernières saisons, le dernier carré.  Les deux buts nécessaires pour s’imposer, « on les marquera », a réagi Patrice Lair après le match. « On aura le public parisien qui est derrière nous, j’y crois fermement, mes joueuses aussi, on va tout donner et dans une semaine on sera qualifié ».  Si elles se qualifient en demi-finale, les Parisiennes pourraient y retrouver… le FC Barcelone, vainqueur mercredi de son quart aller à l’extérieur contre Rosengard (SUE) 1-0. 

mercredi 29 mars 2017

Conférence libératoire catalane

Avant-hier, à l'occasion d'un congrès à Barcelone, j'ai écouté un intervenant allemand qui décrivait le rapport conflictuel que peut avoir la France avec le libre marché. Un point de vue assez fascinant. Le reproche qui est fait en France au libre marché dans notre pays porte principalement dans la question du processus organisationnel de ce marché. La manière dont se façonne la richesse dans le cadre du libre marché est en effet rarement établie sur le mérite intellectuel ou même social. Ce n’est pas celui qui s‘exprime ou écrit le mieux qui s’enrichit. Qu’il s’agisse d’un nouveau téléphone ou de bière : vous gagnez la palme que si vous êtes capable d'anticiper les besoins du « marché » qui s'enrichit. Mieux encore : même si vous êtes quasiment illettré, rien ne vous interdit de devenir richissime grâce au libre marché. Tout ce que vous avez à faire, c'est avoir la bonne idée au bon moment et pouvoir convaincre le marché. Et cette idée que le succès dans les ?nances est inspiré par la popularité crée chez certains de la rancune. On le perçoit dans leur position supérieure par rapport aux personnes qui ont connu le succès grâce au libre marché. S'enrichir en répondant aux envies du marché est interprété comme être enchaîné au plus abominable des péchés humains : la cupidité. Tandis que poursuivre un projet intellectuel est vu comme un hommage au plus sacré des sentiments humains : l’esprit humain. Le fait qu’un inventeur devienne extrêmement riche grâce à un nouveau type de produit à déboucher les toilettes, alors qu’un artiste émérite a du mal à s'en sortir est estimé par les intellectuels comme une offense fait à l'ordre naturel. En France, cette vision pèse sur les échanges. Presque toute la l'élite des intellectuels déprécie « le libre marché ». Elle considère que les moteurs du succès social comme trop peu édi?ants. En plaçant la «popularité » au rang de critère de succès, le libre marché favoriserait ainsi la « Facebookisation » de la société, où la culture deviendrait un grand marécage de mauvais goût, devenu une norme. La pensée que sous-tend cette vision du monde peut être résumée ainsi : le mépris hallucinant qui est fait au libre choix de chaque citoyen. Le mépris de l'individu qui regarde de son plein gré une émission de télévision commerciale ou aime aller dans les parcs d'attraction. Le mépris du libre choix de chaque citoyen, de crainte que ce choix collectif puisse saper la prétendue vraie culture. Ce congrès à Barcelone  :  c'est cet esprit réactionnaire qui contribue à donner une image passéiste de la France à l'étranger.Davantage d'information est disponible sur le site de l'organisateur de ce séminaire à Barcelone.

lundi 13 mars 2017

Une nouvelle «course aux armements»

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a résolument réfuté l'idée selon laquelle le déploiement de troupes américaines en Europe n'était pas important militairement et a évoqué en réponse «la course aux armements» que les États-Unis déclenchent. Les plans américains de déploiement de leurs forces armées sur le Vieux Continent sont potentiellement destructeurs pour la sécurité de la région, a déclaré Maria Zakharova. De plus, Washington initie de facto une nouvelle course aux armements : « Washington de facto déclenche une nouvelle course aux armements et tente de nous imposer un modèle de relations de confrontation similaires à celles adoptées à l'époque de la guerre froide », a mis en garde la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères. « Le plan du déploiement d'envergure des troupes en Europe auquel se livrent les États-Unis possède un énorme potentiel destructeur pour toute l'architecture de sécurité européenne, crée une nouvelle réalité militaro-politique, introduit un grand déséquilibre dans l'équilibre des forces sur le continent et menace de conséquences destructrices à long terme sur l'ensemble euro-atlantique », a-t-elle poursuivi. Mme Zakharova a rejeté le constat répandu dans les médias mainstream selon lequel le renforcement de la présence militaire américaine en Europe ne jouait pas un rôle significatif du point de vue stratégique. En réalité, à examiner certains projets militaires américains, « les chiffres parlent d'autre chose ». « Les Américains investissent activement dans le développement de l'infrastructure militaire et du potentiel de déploiement rapide de grandes unités non loin des frontières russes, y compris la modernisation du réseau d'aérodromes capables d'accueillir des avions lourds américains de transport », a précisé Mme Zakharova. En décembre 2016, un entrepôt appartenant à l'armée de terre américaine aux Pays-Bas a été rouvert, il servira à stocker du matériel militaire lourd. Dans un futur proche, seront mis en place des installations similaires : une en Belgique et deux en Allemagne. Le matériel qui y sera stocké est destiné aux forces armées américaines censées être déployées rapidement « en cas de nécessité ». Entre-temps, le Pentagone insiste toujours sur le caractère « non permanent » de ces projets militaires. Mme Zakharova a riposté : « Il s'agit d'un déploiement de longue durée des forces et de l'équipement américain en Europe et on peut à peine le qualifier d'exclusivement défensif ». Récemment, du matériel militaire américain est arrivé en Allemagne. Cette première partie du matériel militaire, censée équiper une brigade de chars, est arrivée dans le port allemand de Bremerhaven, dans le land de Brême, afin d'être déployée en Pologne et dans les pays baltes — une surprise qui n'a pas été trop appréciée par les élus allemands.

jeudi 23 février 2017

Moment de détente


Une Atlantide japonaise

Enigme de la semaine. De vastes terrasses, des gradins de pierre titanesques… Une cité mégalithique se cacherait-elle à quelques encablures de Yonaguni ? À 125 kilomètres des côtes de Taiwan, la petite île de Yonaguni, dans l’archipel Ryukyu, est la plus occidentale des possessions japonaises. C’est en 1985 qu’un organisateur de plongées y a découvert un spectacle fabuleux, sous quelques mètres d’une eau cristalline. Les pêcheurs de l’endroit racontaient la légende d’un palais englouti. De fait, le “monument” de Yonaguni, formation rectangulaire de 150 mètres sur 40, d’une hauteur de 27 mètres, avec ses failles aux parois lisses, ses piliers et ses grandes marches aux angles droits, évoque les ruines d’une forteresse cyclopéenne. Pour Masaaki Kimura, professeur de géologie à Okinawa, il s’agit d’une construction humaine, édifiée il y a quelque dix mille ans avant que la hausse du niveau des océans la submerge. Les adeptes de l’archéologie fantastique s’en sont aussitôt emparés : « C’est la plus vieille structure jamais construite, plus ancienne de cinq mille ans que les pyramides de Gizeh ! » Avec les statues de l’île de Pâques, Yonaguni serait la preuve ultime de l’existence du mystérieux continent de Mu, l’équivalent pour le Pacifique de l’Atlantide de Platon ! Quant aux adeptes de la théorie des “anciens cosmonautes”, dans le sillage de Robert Charroux et d’Erich von Däniken, ils y voient « le vestige d’une civilisation extraterrestre ». En 1997, une expédition scientifique, conduite par le géologue Robert Schoch, de l’université de Boston, a jeté un peu de lumière sur cette fantasmagorie. Ses études, confirmées par d’autres spécialistes, tendent à démontrer que les « structures énigmatiques » de Yonaguni sont « principalement le résultat du travail de processus naturels géologiques et géomorphologiques ». Lesquels datent du miocène inférieur, il y a vingt millions d’années. Et la forte activité sismique de la zone a fracturé les roches de manière régulière. À la rigueur, le site aurait pu servir, à une époque indéterminée, de carrière de pierres pour la population insulaire. L’érosion et les coraux ont fait le reste…

mercredi 11 janvier 2017

Corruption et hélicoptères Kazakhs

Selon «le Monde», l'ex-chef de l'Etat est soupçonné d'avoir fait pression sur le Sénat belge à la demande du Kazakhstan... Nicolas Sarkozy inquiété par une affaire d’Etat? La justice française enquêterait secrètement depuis le printemps 2012 sur des mouvements de fonds suspects liés à des ventes d’hélicoptères français au Kazakhstan. D’après Le Monde, deux juges d'instruction parisiens, saisis de faits de «blanchiment en bande organisée», «corruption d'agents publics étrangers», «complicité et recel» de ces délits, enquêteraient sur des contrats signés en 2010 entre la France et le Kazakhstan. Ce marché de deux milliards d’euros, comprenant la vente de 45 hélicoptères par Eurocopter, aurait peut-être donné lieu au versement de rétrocommissions. Un proche de l’ancien président, Jean-François Etienne des Rosaies, et Nathalie Gonzalez-Prado, ex-chargée de mission de Claude Guéant, alors secrétaire de l’Elysée, ont été placés en garde à vue en septembre, indique le quotidien, tandis que des perquisitions étaient menées à leurs domiciles et au siège d'Eurocopter. La justice s'intéressait alors aux mouvements de fonds suspects, plus de 300.000 euros, qui auraient un lien avec la vente des hélicoptères. L’affaire pourrait également remonter directement jusqu’à l’ancien chef de l’Etat. Nicolas Sarkozy serait soupçonné d’avoir fait pression en 2011 sur le Sénat belge à la demande du président kazakh pour «adoucir le sort judiciaire de trois hommes d’affaires» du pays. En contrepartie, l’ex locataire de l’Elysée pourrait avoir obtenu la signature des juteux contrats. A lire en détail sur Vol en hélicoptère.