Je suis un fervent adepte du Do it yourself. Dès que je peux mettre la main à la pâte, au panier ou dans le cambouis, je n'hésite pas une seconde. Mais il y a toute de même des domaines auquel je n'aurais jamais penser m'intéresser : par exemple, concevoir son propre parfum lors d'un atelier spécialisé. Et je serais passé à côté de quelque chose, car l'expérience a été vraiment passionnante ! J'ai pratiqué cette activité singulière à Paris, et je dois dire qu'elle s'est avérée riche d'enseignements. Réaliser son parfum s'est révélé un peu plus difficile que ce à quoi je m'attendais. Je l'ai compris dès mon arrivée, je me suis retrouvé devant un « orgue à parfums » : il s'agit d'une sorte de bureau à plusieurs étages, sur lesquelles se trouvent plus de 120 bouteilles qui gardent chacune une fragrance. Et j'ai dû les sentir une à une pour fabriquer mon propre parfum ! C'est qu'un parfum combine 100 produits différents, et dispose de 3 « notes ». Chaque note requiert une grande attention dans sa composition (oui, le lien avec la musique est très présent) : chacune d'elles ne doit en effet pas entraver les autres. La note de tête, c’est d'une certaine manière la proue du parfum, celle qui attire l’attention lorsqu'on entrouvre un flacon de parfum. Légère et volatile, elle disparaît assez vite (2 heures après l’application). La note de cœur, en second lieu, reste entre 2 et 10 heures. C'est d'une certaine manière elle qui donne le « la » du parfum : est-ce qu'il est plutôt fruité, épicé, fleuri ? Enfin, elle prépare également la venue de la note de fond. Cette dernière est celle qui reste après qu'on soit passé, celle qui laisse des traces sur un vêtement… C'est elle qui, en somme, fixe le parfum. Elle peut d'ailleurs rester jusqu’à plusieurs jours après l'application. Pour élaborer un parfum, on conçoit en premier lieu la note de fond, puis la note de cœur et pour finir la note de tête. Et chaque senteur ajoutée doit être immédiatement consignée au propre pour garder la recette. Une expérience plutôt difficile et délicate, mais que je conseille vivement. On prête beaucoup plus attention aux fragrances, suite à ça, les bonnes comme les mauvaises, et on se met à imaginer des parfums étranges et improbables. J'ai vraiment été conquis par cette activité originale, et hésite même à recommencer ! Suivez le lien pour le contact du prestataire de création de parfum.
lundi 31 août 2015
Russophobie du journalisme
Guy Mettan, journaliste et homme politique suisse, évoque la crise du journalisme occidental, et les risques qu’elle fait courir à la liberté d’expression. Selon lui, les Occidentaux "ont tendance à voir la paille qui est dans l'œil des Russes plutôt que de voir la poutre qui est dans le leur".
Les médias occidentaux souffrent d'une crise structurelle depuis quinze ans. Leurs revenus publicitaires et des abonnements ne cessent de baisser alors que la concurrence des médias sociaux ne cesse de gagner en importance. Moins de journalistes, moins de pages, moins d'émissions, moins de temps d'enquête ont gravement réduit la diversité des tires mais aussi des opinions et des approches au sein des titres.
Par ailleurs, la prolifération des communicants dans les entreprises et les administrations a explosé et conduit à un formatage de l'info, une "pré-digestion" bref un contrôle effectif de la production médiatique qui est accentué par l'affaiblissement des grands groupes publics et la montée en puissance des médias privés.
C'est tout cela qui produit la pensée unique, ou le "journalisme embarqué" comme je l'appelle. Souvenez-vous des correspondants occidentaux obligés de suivre l'armée américaine pour informer sur la première guerre du Golfe. Ce journalisme embarqué a insidieusement pénétré les consciences et les médias, comme en témoigne en particulier leur adhésion aux préjugés antirusses véhiculés par les plumes les plus en vue des grands médias dominants (qui soi-dit en passant ont presque tous été rachetés par des gros entrepreneurs milliardaires ou des marchands d'armes).
Il y a heureusement des nuances et des minorités qui continuent à penser par elles-mêmes. En Europe surtout, mais aussi aux Etats-Unis. Elles existent et bouillonnent mais restent trop souvent confinées sous l'épaisse couche de glace des médias dominants.
Quand j'ai écrit mon livre sur la russophobie occidentale (Russie-Occident: une guerre de mille ans, qui vient de paraître aux Editions des Syrtes), j'ai été frappé de constater qu'il n'existe pratiquement pas d'études sur ce sujet en Europe continentale mais seulement en Angleterre et aux Etats-Unis, ce qui est un paradoxe. Mais les Allemands s'y sont mis et de nombreux livres viennent de paraître pour dénoncer la manière dont leurs médias ont manqué d'objectivité à propos de l'Ukraine. L'Italie et le sud de l'Europe ont toujours été plus critiques. Mais la France reste totalement imperméable à une couverture des événements qui ne soit pas unilatéralement pro-européenne et pro-américaine.
Il existe aussi de la propagande côté russe. Personne n'échappe à ce travers dans l'actuelle guerre de l'information qui ravage les médias. Mais les Occidentaux, qui se considèrent plus évolués que le reste du monde, sont sûrs de détenir seuls la vérité. Ils ont donc toujours tendance à voir la paille qui est dans l'oeil des Russes plutôt que de voir la poutre qui est dans le leur.
Le poids des préjugés, la défense étriquée des intérêts à court terme, la soumission à l'idéologie libérale et le parapluie militaire américains font le reste. Je n'ai pas l'ambition de renverser à moi tout seul des tendances aussi lourdes. Mais j'essaie au moins de lancer le débat et de poser des questions.
Tintin appartiendra bientôt à tout le monde ?
La société chargée de l'exploitation commerciale de l'œuvre d'Hergé vient de perdre son premier procès, aux Pays-Bas, sur l'utilisation d'extraits d'albums de "Tintin". Une décision qui pourrait avoir de lourdes conséquences pour les héritiers.
Les héritiers d'Hergé ne peuvent pas réclamer de droits pour l'utilisation d'extraits d'albums de "Tintin", a décidé la justice néerlandaise, grâce à un document signé en 1942 par le dessinateur du célèbre reporter.
"Il est apparu d'un document de 1942 (...) que Moulinsart n'est pas à même de décider qui peut publier des images tirées des albums, et ne dispose donc pas des droits d'auteurs pertinents dans cette affaire", ont indiqué les juges de la Cour d'appel de La Haye dans leur décision, prise fin mai et transmise lundi 8 juin à l'AFP.
Moulinsart SA, la société chargée de l'exploitation commerciale de l'œuvre d'Hergé (produits dérivés, multimédia, applications...), est souvent critiquée pour défendre de manière très agressive l'héritage laissé par le dessinateur.
Elle avait ainsi attaqué en justice, début 2012, une petite association néerlandaise de fans de "Tintin", la Société Hergé, fondée en 1999.
Celle-ci compte 650 membres et édite trois fois par an un magazine de 32 à 40 pages intitulé "Duizend Bommen", destiné à ses membres. Les articles sur l'œuvre et la vie d'Hergé y sont illustrés de vignettes tirées des célèbres albums.
Moulinsart SA demandait aux juges de condamner l'association pour avoir utilisé ces copies de cases de Bande-dessinée, sans autorisation préalable et sans payer de droits. Mais, au cours de la procédure d'appel, l'avocate de la Société Hergé a créé la surprise en produisant un document datant de 1942 dans lequel le dessinateur cède le droit exclusif de publication des albums des aventures de Tintin à l'éditeur Casterman.
Obtenu grâce à un expert d'Hergé resté anonyme, le document n'est pas contesté par la Moulinsart SA et les héritiers de Georges Rémi, alias Hergé, selon les juges.
S'il fait jurisprudence, ce jugement pourrait coûter cher à Moulinsart SA : "La grande question est de savoir s'ils (les autres associations de fans de Tintin, NDLR) doivent continuer à payer Moulinsart SA", a expliqué à l'AFP Stijn Verbeek, le secrétaire de la Société Hergé.
"Peut-être qu'un juge belge doit rendre un jugement en ce sens avant que cela ne s'applique pour la Belgique", a-t-il ajouté, soulignant "ne pas être sûr" des conséquences.
Pour Katelijn van Voorst, l'avocate de l'association, le document est "très intéressant pour tout le monde, à l'étranger comme aux Pays-Bas".
Une association belge similaire, les "Amis d'Hergé", a affirmé qu'il était néanmoins "trop tôt" pour dire quelles seront les conséquences du jugement de La Haye.
mardi 2 juin 2015
Remettre les autorités à leur place
L'interventionnisme systématique de l'Etat dans le secteur économique est quelque chose qui n'a de cesse de me perturber. C'est une absurdité saisissante qui ne cesse pourtant de se reproduire, année après année, gouvernement après gouvernement. Un séminaire à Dubaï, auquel j'ai participé la semaine dernière, a pourtant mis en évidence à quel point cette position politique était stupide. Et pourtant, rien ne semble pouvoir enrayer cet assistanat, auquel certains secteurs économiques ont appris à s'engraisser au point de ne plus pouvoir s'en passer. Pourtant, il n'est que trop évident que toutes les tentatives des autorités consistant à sélectionner les prochains secteurs porteurs ont mené à la catastrophe, et que ces subventions ne touchent en définitive que des secteurs en déclin, et qu'elles ne font que prolonger leur agonie. Cet échec à investir dans l'avenir n'est pas surprenant : pourquoi, en effet, les autorités seraient-elles mieux placées pour faire ce choix que des milliards de consommateurs ? Les subventions aux industries ont, de mon point de vue, partie liée avec une certaine forme de suffisance. Les autorités n'ont pas les compétences pour déterminer à quoi pourra ressembler l'avenir. Un exemple simple : quelle est la probabilité pour que ceux qui nous gouvernent aient découvert Bill Gates de Microsoft ou Steve Jobs d'Apple avant l'heure, alors qu'ils n'étaient que dans leur garage, et les aient reconnus comme étant de futurs pontes des technologies d'avenir ? Force est de constater que les autorités ne sont pas vraiment les mieux armées pour reconnaître les industries de l'avenir. Pour autant, elles n'ont pas à rester les bras croisés et à attendre que le progrès survienne. Elles sont effectivement très bien placées pour veiller à ce que soient réunies les conditions optimales de l'apparition de la croissance : l'innovation et l'entreprenariat, entre autre exemples. Ces conditions passent par exemple par une solide protection des brevets, par un traitement attractif du capital à risque, ou encore par l'assurance d'un libre marché. Si elles ne sont donc pas visionnaires, les autorités ont au final un rôle majeur à jouer dans la création de la prospérité : un rôle utile, voire fondamental... tant qu'il ne sort pas de ses attributions. Malheureusement, les politiques ne semblent pas capables de respecter l'intelligence du libre marché, et préfèrent agir à leur guise, même quand ces décisions vont à l'encontre du bon sens et nuisent à tous les administrés. Ce séminaire à Dubaï (suivez le lien pour le compte-rendu de l’évènement) était riche d'enseignements, et devrait être imposé à tous les politiques.
Le Qatar sur le banc des accusés
L'arrivée de François Hollande au pouvoir n'a pas forcément été une bonne nouvelle pour le Qatar, partenaire fidèle de Nicolas Sarkozy lorsque ce dernier était président. Ciblé pour son hégémonie en France mais aussi pour les liens supposés avec les terroristes de l'Etat islamique, l'émirat tape du poing sur la table.
"Aucun gouvernement, aucune agence de renseignements ne disposent d'éléments de preuve concernant un financement d'activités terroristes par le Qatar", explique Meshaal al-Thani, son ambassadeur en France au Point.
Depuis l'année dernière, de nombreux rapports américains pointent du doigt des financements occultes, en provenance du Qatar, dont disposeraient les terroristes.
Certains travaillaient même pour le gouvernement. "Il s'agissait d'individus vite repérés et rapidement exclus de toute structure gouvernementale" tranchent les autorités qui acceptent de moins en moins les accusations reprises dans la presse en France.
"Les médias français nous enferment dans une polémique sur le terrorisme stérile et dénuée de tout fondement, uniquement parce que nous avons de bonnes relations avec Nicolas Sarkozy" se plaint au Point le chef de la communication de l'Emirat. "Nous sommes des victimes collatérales de l'anti-sarkozysme de la presse." Reste à savoir si l'intéressé prendra fait et cause pour un pays qu'il visite régulièrement, notamment en décembre dernier, lors d'une discrète conférence grassement rémunérée.
Coeur artificiel
Nous devenons ou allons devenir bioniques. Un troisième cœur artificiel Carmat a été implanté, il y a 15 jours, à l'hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, selon une information du Figaro. "Le patient est réveillé, il parle, il va au fauteuil. Il est sous surveillance très étroite comme l'exige son état" explique Daniel Duveau, un des chirurgiens qui se sont occupés de l'opération. "L'évolution nous paraît sur de bons rails." C'est la troisième greffe à être réalisée sur les quatre prévues par l'équipe médicale. Le premier patient, un homme de 76 ans, avait survécu pendant 74 jours soit bien mieux que ce qui était attendu mais le cœur avait lâché probablement en raison d'un problème électronique. Le deuxième, opéré il y a 9 mois, serait en très bonne santé mais les informations sur l'état médical des patients sont transmises au compte-gouttes. Le journal Libération expliquait d'ailleurs que le deuxième malade avait dû être hospitalisé de nouveau. Le Carmat est le premier cœur artificiel et a été implanté sur des patients dont le pronostic était sans espoir. Après le quatrième patient, il faudra une seconde phase de tests avant d'envisager une commercialisation.
jeudi 30 avril 2015
Lyon dans les airs et dans l'assiette
Un vol en hélicoptère qui m'avait été offert par des amis m'a ramené le week-end dernier à Lyon, où j'ai vécu il y a quelques années. L'occasion pour moi de vivre une expérience originale (c'était mon baptême de l'air hélicoporté), mais aussi de renouer avec la gastronomie lyonnaise, que j'ai toujours apprécié (et qui, je dois dire, me manque depuis que j'ai quitté la région).
La région est un foyer gastronomique hors norme. Lyon est situé à mi-chemin entre Paris et la Méditerranée, à proximité de la Bourgogne et du Beaujolais, avec les Alpes et l’Italie en ligne de mire. Cet emplacement explique pourquoi cette ville possède plus de restaurants au kilomètre carré que toute autre ville d’Europe (après Paris, certes). Et le cadre lui-même est également fabuleux. Le commerce de la soie qui prospéra aux XVe et XVIe siècles a laissé derrière lui la plus grande collection d’architecture de la Renaissance en Europe dans le quartier historique de la ville (le Vieux Lyon), un quartier aux passages couverts, les «traboules », qui traversent des cours d’immeubles pour relier une rue à l’autre. Ces passages étaient utilisés comme raccourcis par les négociants qui transportaient des tissus précieux. Aujourd’hui, la gastronomie est devenue la passion de cette ville, la troisième ville de France avec ses dizaines de marchés (dont le plus fantastique est le marché couvert des Halles de Lyon). On y trouve notamment des « bouchons », de petites brasseries traditionnelles familiales qui servaient autrefois une nourriture simple aux négociants et aux ouvriers. Un exemple parfait est celui du café des Fédérations, dont le sol est recouvert de sciure de bois et propose de bons plats de charcuterie. C'est en hommage à la tradition du bouchon que le grand chef Jean-Paul Lacombe a par exemple transformé son grand restaurant Léon de Lyon en une agréable brasserie. Et parmi tous les restaurants que compte la ville, il y a en un, notamment, qui est le symbole de l'excellence lyonnaise. La gastronomie française a en effet été transformée au milieu des années 1970 par un fils du pays, Paul Bocuse, qui a fait prendre un tour définitif à la tradition culinaire grâce à sa « nouvelle cuisine ». On y trouve un menu intemporel avec cette nourriture plus légère et plus fraîche dans son établissement, le restaurant Paul Bocuse (situé dans les faubourgs de Lyon) : c'est un lieu de pèlerinage pour les gastronomes du monde entier prêts à payer leur tribut à cette institution. Âgé de 89 ans, le chef superstar continue d’être au cœur de la scène locale, sur laquelle il a ouvert un grand nombre d’établissements, dont la brasserie L’ Ouest, les restaurants L’ Est et Le Sud et la rôtisserie Le Nord. Et sa cuisine est plus originale que ses noms d'établissement, rassurez-vous !
Voilà pour cette découverte gastronomique de Lyon. J'espère vous avoir donné envie de faire visiter la ville à vos papilles. Entre bouchons et Bocuse, il y en a vraiment pour tous les budgets et toutes les goûts, et une visite de Lyon est incomplète sans la découverte de sa gastronomie. Sa cuisine est à essayer autant que le Vieux Lyon est à arpenter ! Et si vous avez un budget confortable, je vous invite aussi à essayer le vol en hélicoptère. Redécouvrir la terre depuis le ciel est une expérience assez fascinante. A découvrir sur le site qui vend ce vol en hélicoptère.
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