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lundi 26 août 2019

Le sabotage de la protection des éléphants

L’équipe Buffalo a organisé une descente dans le camp des braconniers. À leur arrivée, ils n’ont trouvé qu’un seul homme surpris, qui a ouvert le feu, puis a disparu dans les bois. Les rangers avaient découvert une formidable opération d'abattage d'éléphants. Ils ont confisqué plus d'un millier de munitions, des panneaux solaires, des téléphones satellites et cellulaires, des outils et des médicaments pour chevaux du Soudan, ainsi qu'une grande réserve d'aliments en poudre et séchés.  Ils ont également trouvé des éléments de preuve liant les braconniers à l'armée soudanaise: uniformes militaires et une note manuscrite délavée émise par un commandant de l'armée soudanaise autorisant ses soldats, qu'il a identifiés par un numéro d'identification et un nom.  Avec leur camp détruit et leurs chevaux et biens confisqués, les soldats-braconniers étaient maintenant bloqués au milieu de nulle part sans aucun soutien logistique. Tout le monde à Zakouma a supposé que la menace avait été neutralisée - que les criminels n'auraient d'autre choix que de rentrer au Soudan, la queue entre les jambes.  Ce n’est pas ce qui s’est passé, cependant. Près d’un mois après le raid, tôt le matin du 3 septembre, les braconniers se sont infiltrés dans le camp des rangers. Accroupis derrière les tentes des hommes endormis, ils attendaient silencieusement dans l'obscurité que le ciel commence à s'éclaircir et que les gardes de Zakouma émergent de leurs tentes et s'agenouillent pour les prières du matin. Les braconniers ont ouvert le feu. Cinq des rangers ont été blessés par balle et sont tombés morts au sol. Un sixième, Hassan Djibrine, a couru.  Djimet Seid, responsable du camp et cuisinier, a également été abattu, mais a réussi à se cacher dans des buissons. Saignant et tremblant, il a regardé les braconniers charger d’armes à feu et de munitions quatre des chevaux des rangers, puis s’échapper. Après leur départ, Seid a mis plusieurs heures à rassembler le courage de regagner son camp. Il a déplacé deux des corps dans une hutte et - trop épuisé pour en faire plus - a recouvert les trois autres de bâches. D'une manière ou d'une autre, il a réussi à marcher et à nager 20 km jusqu'au village le plus proche pour obtenir de l'aide.  Quand Zakouma fut informé, le personnel fut choqué. Personne n'avait vu cela venir. Avec le recul, cependant, tout avait un sens: les braconniers n'avaient d'autre choix que d'attaquer. "Ils ne peuvent pas simplement rentrer au Soudan les mains vides et dire:" C’est ce qui s’est passé, désolé ", a déclaré Rian Labuschagne. "Ils seraient probablement abattus."

vendredi 7 novembre 2014

Maldives, Nature contre Avion

Un dossier dans le cadre de mon travail m'amène souvent à visiter les îles Maldives. Cette destination de rêve a su garder tout son charme grâce à ses préoccupations écologiques, et a ainsi échappé aux pièges et à la dégradation auxquels sont confrontés tous les sites de tourisme. Vous comprendrez donc mon étonnement quand j'ai découvert, au court de ma dernière visite, qu'une société étrangère envisageait très sérieusement de proposer des vols en avion de chasse au-dessus de ce paradis. Les Maldives sont composées de 26 atolls dispersés dans l'océan Indien, du nord au sud, en forme de point d'exclamation : ils forment un pays des merveilles fragile, fait de sable blanc, de palmiers, de lagons, de récifs, et de mers d'un bleu à la Hockney. Sur leur territoire de 90 000 kilomètres carrés, moins de l% sont terrestres, et si le niveau des mers montait de quelques centimètres, ses 1 200 îlots plats disparaîtraient. Chaque lieu de villégiature occupe une île privée et s'efforce de valoriser ses propres merveilles marines. Les amateurs de plongée sous-marine peuvent se délecter devant des kilomètres de jardins coralliens, faciles d'accès, baignés d'eaux cristallines et peu profondes. Ils peuvent y croiser de petites créatures colorées comme le poisson chirurgien, le gaterin arlequin et le poisson de verre, mais aussi d'imposants requins corail ou des raies mantas. Sur l'eau, les visiteurs n'ont que l'embarras du choix, de la pêche en haute mer aux tours de kayak, ou peuvent se livrer à la lecture, la sieste, ou simplement songer à la chance qu'ils ont d'être là dans un hamac, face au paysage. Mais je doute que ce visiteur apprécierait d'être tiré de son enchantement par le bruit de moteurs d'un avion de chasse volant à basse altitude. Les natifs des Maldives n'habitent même pas un cinquième des îles, et il est rare de croiser un autochtone, hormis les employés de l'hôtel. Le tourisme est donc vital pour l'avenir des Maldives, et la plupart des hôtels sont sensibilisés aux aspects sociaux et environnementaux. Le Banyan Tree Vabbinfaru – dont les 48 villas sont à quelques pas de la mer – peut s'enorgueillir de sa gestion de l'océan : il a établi un laboratoire marin qui, entre autres efforts, assure la protection des tortues de mer qui nidifient sur ses plages. Le Gili Lankan fushi, primé, propose 45 bungalows placés sur l'eau (certains ne sont accessibles que par bateau), construits en matériaux naturels et ouverts aux brises marines. Ici, on vit en toute sérénité, en suivant la règle « Pas de nouvelles, pas de chaussures ». Ici aussi, le développement durable est une priorité, à travers des règles ambitieuses de préservation et des programmes pédagogiques avec les communautés locales. Les deux établissements sont de véritables paradis insulaires : il suffit de passer un moment dans les restaurants en plein air au bord de l'eau pour le comprendre. Les investisseurs étrangers à l'origine de ce projet d'aviation n'ont absolument rien compris à la philosophie de ces îles. La plupart des entreprises qui proposent ce type de prestation veillent à les proposer dans des régions précises, où leur passage ne dérange pas. Un avion de chasse dans ces îles serait à mon sens une hérésie, et nuirait non seulement à l'écologie, mais également à l'économie. Source: Avion de chasse